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COULEUR  CAFE   Malmedy  Asbl

                   Une maison ouverte, un espace partagé

1. Origine et présentation de Couleur Café. Couleur Café est une maison de quartier née en 2000, de la rencontre amicale de différentes personnes de la région Malmédienne, des travailleurs sociaux et des citoyens sensibilisés pour des raisons professionnelles et, ou personnelles aux problèmes posés par la désinsertion, l’isolement social, ou encore l’exclusion, phénomènes de plus en plus fréquents dans notre société.

Ces personnes issues d’horizons différents, avec des idées et des projets bien spécifiques ont participé naturellement à la mise en place de relais entre l’asbl, leur association ou leur groupe.

Elles se sont rendues compte que certaines personnes « fragilisées » n’avaient jamais l’occasion de faire entendre leur voix, d’être impliquées dans l’action de leur commune, de revendiquer leur culture, ou d’exister simplement à travers un groupe ; d’autres, isolées par la maladie psychique, par un statut financier précaire n’ont pas la chance d’être soutenues dans leur effort de réintégration sociale et relationnelle.

Ces citoyens ont voulu être complémentaires de l’action des pouvoirs publics et du réseau associatif local, en mettant les gens en route vers une citoyenneté active et responsable.

L’ objet social de Couleur café est de (re)créer le lien social en encourageant la solidarité ainsi que  les échanges intergénérationnels et, interculturels  en mobilisant les ressources individuelles et collectives.

Pour répondre à cette situation, l’asbl, dans un premier temps s’est donné pour mission d’animer un lieu d’accueil et de rencontre accessible à tous, sans discrimination culturelle, religieuse ou d’opinions et sans limite d’âge.

 

2. Objectifs et Philosophie de la maison

 Couleur Café se veut un lieu de vie où les solidarités naturelles s’expriment au quotidien, et où les différences enrichissent la vie de la maison. Une interaction harmonieuse des personnes y est encouragée et chacun peut s’épanouir au contact des autres et à travers les activités proposées. L’espace est pensé pour favoriser la convivialité.

Le fonctionnement du lieu est dirigé vers un objectif prioritaire : l’éducation au vivre ensemble.

Ce lieu de vie porte des valeurs spécifiques de tolérance, de solidarité, d’ouverture vers autrui et d’authenticité dans les relations.

Les usagers de la maison participent naturellement à la vie de la maison qui est en perpétuel évolution.

CC en s’ouvrant sur la ville et en brassant des publics différents veut ainsi éviter la  stigmatisation des personnes et groupes accueillis. Les personnes sont amenées à construire  à leur rythme leur projet personnel. La volonté de Couleur Café est de recréer localement un projet sociétal, où existe un subtil et fragile équilibre entre des publics différents, en vue de promouvoir la cohésion sociale et le bien-être pour tous dans le contexte local  d’un milieu semi rural.

 

3. Situation de notre service au 1 janvier 2010

3.1.    Personnel  salarié et volontaires

- un directeur : 38 h / sem.

- une coordonatrice de projets : 38 h / sem.

- une éducatrice :  - responsable service insertion : 19 h / sem.

                              - recherche de fonds : 9.30 h / sem.

- un éducateur :    coordination du service insertion : 19 h / sem.

- un sociologue :   responsable service intégration : 38 h / sem.

- un éducateur :     - atelier vélos d’occasion : 19 h / sem.

                              - ferronnerie d’art

- une psychologue : - agent d’intégration : 19 h / sem.

                                - Ecole de devoirs

- une trentaine de volontaires.

 

3.2     Population

-          Nombre de personnes accueillies / sexe / âge : +- 500 personnes

-          Catégories :

        - Seniors isolés ou en famille : 66

            - Jeunes en décrochage scolaire et en situation d’exclusion : 53

            - Jeunes mères seules avec enfants en bas âge : 35

            - Personnes ayant connu des assuétudes : 45

            - Personnes en chômage de longue durée : 35

            - Demandeurs d’asile : 30

            - Personnes en demande d’intégration : 25

            - Enfants en remédiation scolaire : 56

            - Personnes souffrant de solitude et souhaitant se réinvestir : 62

            - Personnes avec handicap mental : 13

            - Personnes ayant des troubles en santé mentale.

4. Activités mises en place dans le cadre des différents décrets4.1 Service d’insertion sociale : agréé par la Région wallonne

 S’adresse à toute personne majeure confrontée ou susceptible d’être confrontée à la difficulté de mener une vie conforme à la dignité humaine et d’exercer les droits reconnus par l’article 23 de la Constitution et qui ne sont pas en mesure de bénéficier d’un dispositif  d’insertion socio professionnel.

Objectifs : rompre l’isolement social, permettre la participation à la vie sociale, améliorer le bien être et la qualité de vie, favoriser l’autonomie et les rencontres intergénérationnelles et interculturelles.

Conditions: aider sans distinction de nationalité, croyance, opinion, dans le respect des personnes, s’adapter aux besoins exprimés par les bénéficiaires, établir collaborations et partenariats.

Il s’agit d’effectuer un travail de groupe mobilisant autant les ressources collectives qu’individuelles, de mettre en œuvre des moyens.

 

Une permanence d’accueil :

Cette permanence est centrée sur l’accueil de la personne, en toute simplicité autour d’une table et d’une tasse de café, avec éventuellement des jeux de société. C’est un espace de médiation et de support d’intégration et de communication de groupe.

Un atelier peinture :

 Par le jeu des couleurs et des thèmes cet atelier  contribue souvent au dépassement des barrières et des inhibitions. Ce groupe a permis à certaines personnes de s’ouvrir à d’autres groupes artistiques et à créer des liens d’entraide.

Un atelier cuisine :

Cette activité autour de l’alimentation, de la vie pratique et du quotidien favorise non seulement  l’échange de recettes mais aussi la création de liens sociaux entre personnes de cultures et d’âges différents.

Un réseau d’écoute et d’entraide se développe entre les personnes (discussion sur différents thèmes tels que la santé, l’éducation, le travail, le logement, la nourriture et la vie dans les différents pays d’origine,…)

Un repas organisé 2 fois / semaine est ouvert également aux personnes de l’extérieur, ce qui permet de nouvelles rencontres.

Orientation socio- professionnelle :

Dans un cadre convivial les personnes peuvent venir consulter les offres d’emplois proposées par le Forem.

Prémices d’une recherche d’emploi.

Création d’un jardin communautaire : chacun a le loisir de cultiver une parcelle avec l’aide d’un éducateur -jardinier.

A ce jour 10 familles bénéficient de ce service

Un atelier tricot crochet : un lieu de rencontre et d’échange de savoirs

A l’pitite botique :

Un magasin social de seconde main qui offre des vêtements à petits prix et tenus par des bénévoles. La récupération des vêtements usagers contribue à la lutte contre le gaspillage.

Le petit journal :

Revue trimestrielle conçue par les usagers et à usage interne.

4.2 Education permanente : reconnaissance de la Communauté Française

Travail de quartier 

Projet «  quartier de vie » soutenu par la Fondation Roi Baudouin depuis 3 ans. Consiste à réunir autour d’un même projet une association, les pouvoirs communaux, les habitants du quartier et le secteur privé.

Acteurs du dialogue 

Plate-forme de la diversité : événementiel, sensibilisation, prévention

Animations de soirées-débats

 « D’une parole à l’autre » : groupe d’échanges thématiques autour de l’identité et de la diversité.

4.3 Service d’intégration subventionné par la région wallonne

Les différentes activités que nous développons  depuis quelques années dans le cadre du pôle intégration de Couleur Café sont toujours opérationnelles pour 2010 avec cependant le constat d’une nécessaire consolidation et d’une adaptation efficace des axes dans lesquelles elles s’inscrivent.

Il s’agit des trois grands axes, français langue étrangère, école des devoirs et des familles et accompagnement/orientation qui articulent l’ensemble des actions et des ateliers mis en place pour répondre aux besoins et aux demandes émanant du public en question.

La pérennité de ces activités couplée à une demande exponentielle et diversifiée constituent des éléments d’appréciation qui vont nous permettre aujourd’hui de réajuster à la fois notre regard sur l’évolution du public visé et, plus généralement, notre positionnement en tant qu’opérateur local à vocation interculturelle.

 

En ce qui concerne le FLE ( = français langue étrangère ),  nous constatons que la demande pour l’apprentissage du français est toujours aussi soutenue. Les cours de FLE qui traditionnellement s’organisent en fonction de la demande (une souplesse affichée visant à prendre en compte les contraintes et les profils des demandeurs) devront, dans les sessions à venir, inclure les demandes émergeantes qui ont pour finalité l’insertion socioprofessionnelle, du type apprentissage du français à usage professionnel.

L’activité Ecole des devoirs et des familles s’est toujours attelée à faciliter les interactions entre d’une part le soutien à la scolarité des enfants, l’école et son milieu institutionnel et d’autre part les familles, en particulier celles issues de l’immigration, en butte à un certain nombre de difficultés (méconnaissance de la langue et des institutions scolaires, faible niveau de scolarisation, diverses formes de marginalisation et de précarité). Comment favoriser une meilleure implication et l’Empowerment des familles autour de l’éducation familiale et de la scolarité des enfants ? C’est une préoccupation qui est toujours à l’œuvre dans cette activité, et dans ce travail sur le rôle et  la place des parents, c’est aussi une forme de motivation au regard des besoins en la matière qui sont toujours présents et du souci que nous avons d’y répondre au mieux.

L’axe accompagnement et orientation des personnes d’origine étrangère est à la fois un ensemble majeur du pôle intégration mais qui vient nourrir également la vocation interculturelle de Couleur Café, en mettant quotidiennement à l’épreuve nos représentations sur la (les) diversité (s), et dans une perspective qui est celle de l’éducation à une citoyenneté interculturelle.

 

Le constat d’une multiplicité des demandes d’accompagnement et d’orientation.

L’ouverture de nouveaux centres de réfugiés dans la région avec un public de primo arrivants, de nouveaux migrants bénéficiaires du regroupement familial, une catégorie de population issue de vagues d’immigration plus anciennes, tout cela constitue un ensemble de problématiques et génère un nombre croissant de demande d’accompagnement de la part de ces  publics. Ces demandes émanent aussi  des institutions et des organismes qui les rencontrent mais en difficulté devant certaines de leurs spécificités (Communes, Cpas, Forem, hôpitaux psychiatriques etc.). Notre situation géographique, le sud de l’arrondissement de Verviers (6 communes), nous positionne en outre comme le seul opérateur susceptible de répondre  à un certain nombre de demande d’accompagnement et d’orientation.

Le défi que nous tentons ainsi de relever, dans le cadre d’un travail en réseau qui est indispensable, est d’apporter le soutien nécessaire aux démarches d’intégration de ces publics. Un autre aspect de ce défi consistera à renforcer tout ce travail transversal d’éducation à la (aux) diversité (s), de promotion des échanges, en favorisant le passage d’une « mitoyenneté » (communautarisme et préjugés) à une « citoyenneté interculturelle ».

 

Les objectifs généraux poursuivis :

-          Fournir des grilles de compréhension au groupe d’animateurs et d’encadrants de Couleur Café dans l’objectif d’une meilleure intégration des personnes d’origine étrangère, avec, en filigrane,  une appréciation mesurée des problématiques liées à l’insertion socioprofessionnelle chez certaines catégories  de ce groupe.

-          Faciliter l’adaptation et l’empowerment des familles face aux réalités de l’école, par leurs investissements et par la confrontation des diverses représentations du système scolaire qu’elles peuvent véhiculer.

-          Permettre l’établissement d’une plate-forme pérenne  d’actions pour l’éducation à une société interculturelle.

Favoriser le dialogue entre les acteurs ainsi que la promotion  des médiations socioculturelles.

 

4.4   Ecole de devoirs : reconnaissance de l’ONE

 

Cible des enfants issus de familles défavorisées socialement ou à cause d’une mauvaise maîtrise de la langue française.

A ce jour une cinquantaine d’enfants sont inscrits et encadrés par des enseignants retraités.

 

 

5. L’éducation au vivre ensemble : une méthodologie de la transversalité

 

Isolement, repli, individualisme, stigmatisation, discrimination, exclusion, incivilités, violence..

Pourrons-nous vivre ensemble ?[1] Ou comment poser dans une même équation notre égalité et nos différences.

 

Souvent entendu, et à raison, comme un objectif et un idéal sociétal dans ce vaste champ problématique qu’est la gestion de la diversité, la régulation et la cohésion sociale, le vivre ensemble est.une expression  à la mode qui rend compte de cette réflexion générale sur les ingrédients qui le compose et les conditions de son aboutissement.

Sans doute les enjeux sont-ils multiples et à différents niveaux :

Entre le constat global d’un ébranlement de nos sociétés exposées à tous les vents d’une mondialisation économique, culturelle, médiatique et même géostratégique (à chaque crise son lot de réfugiés) et celui d’un renforcement insidieux et quotidien du sentiment d’incapacité de vivre ensemble c’est, comme l’écrivait Kant, « l’humanité de la personne d’autrui comme en soi même » , ce respect fondamental de soi même comme de l’autre qui semble compromis avec cette impression d’effondrement civique qui nous dépasse aujourd’hui. La globalité de ces enjeux (citoyennetés, droits, identités) se retrouve à Malmedy, dans la localité où Couleur Café est active. Il s’agit précisément pour l’équipe, de par sa pluridisciplinarité,  de mettre ensemble les conditions du vivre ensemble, de produire de la transversalité en décloisonnant les catégories et les publics. Au-delà du respect d’un code de bonne conduite, des règles du jeu social, l’objectif commun est de développer en chacun la capacité de s’assumer comme acteur de sa propre histoire, de porter un projet de vie personnel et du même coup participer à un mouvement social.

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              Couleur café : une maison ouverte, un espace partagé

I      Un brassage de la population (autochtones, allochtones, nationalités différentes,

       seniors, enfants.

       Nous évitons les ghettos et les vies sont entrecroisées

II     Une philosophie d’animation (accompagnement de chacun dans sa globalité, sans

       étiquettes.)

III   Une pédagogie d’intervention (établir un climat de confiance, éviter un repli sur soi)

IV   Incitation explicite à la participation, aux actes de la vie de la maison.

       Ouverture du social sur la vie de la cité et de la cité vers le social    

 

                     Transversalité des activités / Pluridisciplinarité 

 L’équipe doit rester vigilante en encourageant régulièrement les personnes à initier des projets.

 Les travailleurs sont des référents pour la création de projets.

 Inciter les gens à valoriser leur savoir-faire

 Importance de la cohésion d’équipe par rapport aux mêmes valeurs.

 Régler les modalités d’intervention de l’équipe pour le vivre ensemble.

 Construire une stratégie de coopération entre les travailleurs pour soutenir la dynamique engagée

 Polyvalence des travailleurs.

 

 

3 exemples de cette action transversale pour une cohésion sociale vécue

 

  • Acteurs du dialogue

 

  • Intégration de personnes handicapées

 

  • Les repas organisés deux fois par semaine, l’un le mardi par les personnes en insertion, (un repas du terroir wallon)  et l’autre le jeudi (un repas du monde) par les personnes en intégration permettent à ces deux types d’usagers  de se mélanger, de vivre un projet  avec d’autres, y compris des personnes extérieures à la maison (ouvriers communaux, habitants  du quartier, pensionnés, personnes handicapées, médecins,  …). Cela permet évidemment de recréer du lien social entre personnes qui ne se fréquentent pas habituellement, parce que notre société  ne favorise pas ce type de rencontre entre milieux différents. La (re)connaissance de l’autre à travers un repas partagé permet non seulement de dépasser les clichés, mais aussi d’établir  des relations interpersonnelles qui renforcent la cohésion sociale.

 

  • Les cours d’informatique et l’école des familles

Nous avons plusieurs  volontaires qui viennent  donner des cours de remédiation aux enfants de l’école des familles, issus de milieux défavorisés ou de familles d’origine étrangère . D’autre part, plusieurs de ces  bénévoles, notamment  pensionnés,  souhaitent s’initier à l’informatique  et il est intéressant d’observer que  des personnes en insertion ou d’origine étrangère qui ont des compétences en informatique, accompagnent à leur tour ces pensionnés malmédiens  à la découverte des ordinateurs. Nous sommes ici dans le cadre d’une activité décloisonnée et qui permet des interactions illustrant cette méthodologie du vivre ensemble et qui sont très porteuses en terme de cohésion sociale. Or, cette activité n’est pas reconnue parce qu’elle  ne rentre ni dans le cadre du service d’insertion, ni dans celui du service d’intégration….et nous devons l’organiser en dehors de nos activités agréées.

 



 





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